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Ignorance more frequently begets confidence than does knowledge: it is those who know little, and not those who know much, who so positively assert that this or that problem will never be solved by science

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L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris

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El miedo es la via perfecta hacia el lado oscuro. El miedo lleva a Windows, Windows a la desesperacion, esta al odio hacia Bill Gates y ese odio lleva a LINUX

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dijous, 23 de desembre de 2010

Els xiquets robats d'Espanya. Un article de Le Monde

Le Monde
24 décembre 2010

Les enfants volés d'Espagne

Madrid Correspondance

De 1940 à 1990, des milliers de bébés ont été enlevés. Un vrai commerce, commencé sous Franco. Les victimes s'organisent pour obtenir justice



A elle, qui ne sait ni lire ni écrire, les médecins avaient dit qu'ils " se chargeaient de tout ", que le bébé avait " le cou brisé ", qu'elle ne pouvait pas le voir, qu'ils l'avaient " déjà enterré ". " Je les ai crus. Comment aurais-je pu penser qu'on me mentait ? J'étais si bouleversée. Mais aujourd'hui je suis sûre que ma fille est vivante ", raconte Francisca Pinto. C'était en 1979. Des années plus tard, en 1993, cette Andalouse de 58 ans perd sa mère. Elle décide alors de récupérer le corps de sa fille pour le transférer dans le caveau familial. Et constate, horrifiée, en présence d'un notaire, que le cercueil de son enfant ne se trouve pas dans la fosse commune du cimetière San José à Cadix, comme on le lui avait indiqué.

Persuadée que son bébé lui a été enlevé pour être donné ou vendu, Francisca Pinto a porté l'affaire devant le parquet. Et il semble que, cette fois, après une première plainte archivée dans les années 1990, la justice soit disposée à l'écouter.

Avec deux autres familles aux histoires similaires, elle a été convoquée, mardi 21 décembre, par la procureure de Cadix, Angeles Ayuso. La magistrate, qui traite quatorze dossiers de bébés volés au total, rejoint ainsi la position du procureur d'Algésiras, Juan Cisneros. En juillet, il a été le premier à ouvrir en Espagne une enquête sur des vols présumés de nouveau-nés entre 1960 et 1980.

Après des décennies de silence, la justice semble encore hésiter à enquêter sur ces affaires. En dehors de l'Andalousie, toutes les plaintes ont jusqu'à présent été classées sans suite. Pourtant, les associations de victimes estiment que " 300 000 adoptions irrégulières et vols d'enfants pourraient avoir eu lieu en Espagne dans les années 1940 à 1990 ", révèle l'avocat spécialisé dans les adoptions Enrique Vila.

Depuis dix ans, ce dernier a vu défiler dans son bureau de Barcelone des centaines de personnes cherchant leurs origines. Il a découvert que " dans 10 % à 15 % des cas, leurs documents étaient incomplets ou falsifiés ". Absence d'acte de renoncement de la mère, document indiquant que la personne est un enfant biologique alors que ses parents lui ont avoué qu'il est adopté ou qu'un test ADN le prouve, autant de cas qui ont incité cet avocat à entamer une procédure, avec l'Association nationale des victimes des adoptions illégales (Anadir).

Créée en février, l'Anadir recense déjà 230 cas. De jour en jour, les plaintes se multiplient et les vieilles histoires remontent à la surface. A Irun, au Pays basque, les deux soeurs Diaz ont découvert qu'il n'y a aucune trace de la naissance de leur frère dans les registres de la ville de La Linea, en Andalousie, où il serait pourtant né en 1967. A Madrid, Inès Perez a révélé à sa fille qu'elle l'avait " adoptée " en 1969 après avoir simulé une fausse grossesse, sur les conseils du père Felix, le curé de sa paroisse. Elle ne dispose d'aucun acte d'abandon volontaire de la mère naturelle. " J'allais voir le médecin de la clinique San Ramón qui me donnait des prothèses de plus en plus grosses pour simuler l'avancement de la grossesse ", avoue-t-elle dans le reportage " Vies volées " diffusé par la TVE. Un des nombreux documentaires espagnols qui brisent aujourd'hui le silence.

Pourtant, des journalistes avaient déjà enquêté sur le sujet dès 1980. A l'époque, la revue Interviu avait publié plusieurs articles sur un vol présumé d'enfant dans cette même clinique San Ramón, et découvert que le taux de mortalité néonatale y était particulièrement élevé. Le photographe du magazine, German Gallego, avait alors pris en photo, épouvanté, un nouveau-né congelé, exhibé devant les parents qui insistaient pour voir une dernière fois leur bébé.

Le président de l'Anadir, Antonio Barroso, est lui-même un enfant " vendu en adoption ". " Il y a trois ans, j'ai reçu un appel d'un ami d'enfance, Juan Luis Moreno, sous le choc. Son père venait de lui avouer sur son lit de mort qu'il avait été acheté à Saragosse en 1969. Et que moi aussi... ", se remémore ce Barcelonais de 41 ans. Aujourd'hui, Antonio Barroso est décidé à tout faire pour retrouver ses véritables parents. " Sur le registre civil, nous sommes tous deux indiqués comme "enfants biologiques" alors que nous savons que nous avons été vendus par une bonne soeur et un médecin pour 200 000 pesetas (1 200 euros) ", précise-t-il.

Fort de cette confession et d'un test ADN qui confirme qu'aucun lien du sang ne l'unit à celle qui est indiquée comme sa mère naturelle, Antonio a porté plainte contre l'hôpital de Saragosse pour " falsification de document " et " séquestration d'enfant ", et contre sa mère " adoptive ", " parce que je veux savoir la vérité et qu'elle continue de nier les faits ". Son dossier a été archivé pour " prescription ". " Mais tant que je ne connais pas ma véritable identité, le délit continue ", s'insurge le président d'Anadir. Le 27 janvier 2011, son association déposera une plainte conjointe devant le parquet général de l'Etat, à Madrid, pour demander qu'une enquête soit ouverte dans toutes les provinces espagnoles mentionnées par les victimes présumées de cet immense " trafic ".

Aboutira-t-elle ? Rien n'est moins sûr. Une autre association, la " Plate-forme des victimes des cliniques de toute l'Espagne dans l'affaire des enfants volés ", coordonnée par Mar Soriano, a déjà déposé, il y a plusieurs mois, une plainte conjointe regroupant près de quatre-vingts cas documentés et rassemblés par l'avocat Fernando Magan.

Mais, le 13 novembre, le juge du tribunal d'instruction de Madrid chargé du dossier a décidé de se dessaisir en faveur du tribunal numéro cinq de l'Audience nationale, celui que dirigeait le célèbre juge Baltasar Garzon. Or ce dernier a été suspendu de la magistrature, en mai, justement pour avoir ignoré la loi d'amnistie de 1977 et avoir voulu enquêter sur les crimes du franquisme. Fin 2008, il avait notamment dénoncé des " soustractions systématiques présumées d'enfants de prisonnières républicaines ". Le juge s'étonnait qu'un sujet aussi " grave " n'ait été " l'objet d'aucune enquête en plus de soixante ans ".

Embarrassé par l'affaire, qui remet en cause l'accusation de " forfaiture " contre le juge Garzon, le procureur de l'Audience nationale, Javier Zaragoza, a réuni les victimes, le 7 décembre, pour leur expliquer que les faits sont prescrits et qu'il existe des " difficultés technico-juridiques " pour mener à bien une enquête pénale sur ce sujet. Conseillant d'utiliser " la voie administrative ", il a proposé au ministère de la justice la création d'un bureau chargé d'enquêter sur ces enfants volés sous la dictature de Franco et la transition.

Les cas des enfants volés n'avaient pas été prévus par la loi de Mémoire historique votée en 2007 pour réhabiliter les victimes du franquisme, bien que certains historiens espagnols, comme Ricard Vinyes, aient démontré que plus de 30 000 enfants auraient été placés dans des centres de l'Etat gérés par l'Eglise entre 1940 et 1950, avant d'être répartis dans des familles proches du régime.

Justifié idéologiquement par les théories du psychiatre officiel de l'armée franquiste, Antonio Vallejo Najera, le vol systématique des enfants de prisonnières républicaines devait garantir la " pureté de la race espagnole " et l'extirpation du " gène marxiste ". Un décret daté de 1940 accordait ainsi au régime franquiste l'autorité paternelle sur les enfants dont " l'éducation morale " était en danger.

" Le vol de bébés a surgi en Espagne avec le franquisme mais, par la suite, il semble qu'il se soit transformé en un pur commerce, extrêmement lucratif, qui se serait nourri de la vulnérabilité de certaines catégories de personnes : mères célibataires ou mineures, couples analphabètes ou provenant de milieux très humbles, résume l'avocat Enrique Vila. Ce qui a commencé comme un crime idéologique s'est transformé en une véritable mafia. "

Pour éviter de " compliquer " le dossier, l'Anadir a donc décidé de sortir les accusations de vols de bébé du contexte particulier de la dictature. " Les vols de bébés dont nous avons connaissance n'ont rien à voir avec Franco. Certains sont survenus dans les années 1990 ", souligne Antonio Barroso, qui ajoute, pragmatique, que, " de toute façon, aucun procureur espagnol ne veut enquêter sur le franquisme ".

Sandrine Morel

© Le Monde

2 comentaris:

Antton ha dit...

Espeluznante. No sabía nada de este tema. La verdad es que la traducción que hace Google del artículo es especialmente mala (normalmente no es así) pero más o menos he entendido lo suficiente como para que me pique la curiosidad.

Gracias.

Antton ha dit...

Casualidades de la vida, ahora mismo están dando un reportaje sobre el tema en Informe Semanal...