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1 Libro = 1 Euro ~ Save The Children

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Charles Darwin quotation

Ignorance more frequently begets confidence than does knowledge: it is those who know little, and not those who know much, who so positively assert that this or that problem will never be solved by science

Jean-Baptiste Colbert quotation

L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris

Somebody quotation

El miedo es la via perfecta hacia el lado oscuro. El miedo lleva a Windows, Windows a la desesperacion, esta al odio hacia Bill Gates y ese odio lleva a LINUX

Vares Velles

Vares Velles
Al Tall

Això és Espanya (vara seguidilla) per Al Tall

dijous, 21 d’abril de 2011

Inclús les guerres justes mereixen ser explicades. Una editorial de Le Monde

França està en guerra, però els francesos prefereixen no saber-ne res, o el mínim possible. Aplicable, sens dubte, a Espanya i els espanyols.

Editorial


Même les guerres justes méritent d'être expliquées

La France est en guerre, mais les Français préfèrent n'en rien savoir, ou le moins possible. Aux côtés des Britanniques et de seize pays mandatés par l'ONU et coordonnés par l'OTAN, la France est en guerre en Libye depuis désormais plus d'un mois. Mais la discrétion du débat sur la nature, l'évolution et les conséquences de cette intervention est remarquable.

Ce n'est guère surprenant, dira-t-on. Le consensus est général, en effet, à droite comme à gauche, sur la justesse de la cause défendue par la coalition. Qui pourrait contester que, sans cette intervention, les insurgés de Benghazi auraient été écrasés par les forces du colonel Kadhafi ? Qui peut nier que, dans cette hypothèse, le despote qui dirige son pays depuis plus de quarante ans aurait continué à y faire régner la terreur ? Et comment ne pas voir que c'eût été un signal dramatique pour les aspirations du monde arabe à la liberté ?

Certes. Il n'empêche que cette intervention se prolonge et change peu à peu de nature. La création d'une zone d'exclusion aérienne a redonné espoir aux insurgés de Cyrénaïque, mais elle n'a pas fait chuter le Guide libyen, contrairement aux espoirs initiaux. Loin de là, comme on le constate dramatiquement, depuis des semaines, à Misrata notamment.

Français et Britanniques viennent donc de le confirmer : il va falloir intensifier les frappes aériennes et renforcer l'aide aux insurgés. L'envoi de troupes au sol étant exclu, depuis l'origine, par la résolution 1973 de l'ONU qui encadre cette opération, ce sont des " conseillers militaires " qui vont être dépêchés sur place. " Pour organiser la protection des populations civiles ", prend-on soin de préciser à Paris comme à Londres.

Si les moyens mis en oeuvre se renforcent, le but de cette guerre s'est également précisé. Ou, plus exactement, l'implicite initial est devenu explicite, depuis que Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron ont appelé de concert, publiquement, au départ de Kadhafi.

Sinon un enlisement, c'est en tout cas une installation dans la durée et une prudente mais réelle escalade des moyens mis en oeuvre à laquelle on assiste. Voire un engrenage difficile à maîtriser. Cela mériterait débat. Non par goût de la controverse, mais par souci de la pédagogie. La démocratie parlementaire britannique pourrait donner l'exemple : des voix s'élèvent, outre-Manche, contre cette " mission creep " (cette mission à pas de loup), et rappellent que l'intervention américaine au Vietnam, il y a un demi-siècle, avait également commencé par l'envoi de conseillers militaires sur place.

Le parallèle est anachronique ? On veut l'espérer. Mais l'exemple afghan, l'autre théâtre d'opérations de l'armée française, incite à la prudence. Depuis bientôt dix ans, des soldats français luttent - et meurent - du côté de Kaboul, contre un ennemi insaisissable. De plus en plus nombreux, même s'ils sont tenus à la discrétion, les militaires s'interrogent sur le sens de cet engagement. Faute, là encore, d'un débat national sérieux.

© Le Monde